Le cerveau d'un dyslexique vis à vis de l'orthographe.

Quand un handicap devient une qualité

Au premier abord, il semble que La dyslexie et l’architecture n’aient rien de commun… et pourtant !
Nous vivons dans une société normalisée, ou l’orthographe approximative est un signe d’inculture, voir de bêtise.

Les zones activées pour l’exercice de l’orthographe et de la lecture
La dyslexie et l’architecture


Il y a encore peu de temps, je n’assumais pas mon handicap. Aujourd’hui, j’en suis fier, et je le revendique.

Oui je suis nul en orthographe…..mais bien meilleur que vous dans mon domaine : L’architecture d’intérieur et le design.


Je suis né dyslexique.

A l’âge de 10 ans, mon nombre de fautes d’orthographe par ligne atteignait des records !
A la fin du CM2, mon orientation noircissait mon futur.
J’avais le choix entre CPPN, ou CPPN.
Mes parents à force de persuasion et de volonté, on réussit à me maintenir dans une voie plus normalisée.
En sixième, un deuxième dyslexique ( Franz Barreau) entrait lui aussi dans l’histoire avec des -260 / 20 là ou je culminais à -200/20

En résumé : un dyslexique.
La dyslexie et l’architecture


Notre cerveau ne fonctionne pas comme le votre.

Tout comme celui d’un paralysé des membres inférieurs, ne considère plus le chemin neuronale traditionnel comme efficace et développe d’autres chemins pour tenter de compenser le handicap.
Le cerveau d’une personne aveugle va accroître bon nombre d’autres facultés. Sentir, écouter, palper. Avec un indexe, ce cerveau sera en mesure de parfaitement sentir 3 petits points en braille sur une boîte, là ou nous ne sentirons nous qu’un lot d’irrégularités.
Un accordeur de piano, grâce à son handicap, sera un excellent accordeur de piano.
Pour ce qui est de la dyslexie, c’est un peu la même chose. Notre cerveau compense en permanence le fait de ne pas être en mesure de composer une phrase sans faire une faute.
Pour ce qui est pour vous quelque chose de simple à lire est pour nous le parcours du combattant.
Les lettres se mélangent, la phrase ne veut rien dire et nous devons la décortiquer pour en comprendre le sens général.
Une véritable torture.
Le pire dans tout cela était pour moi les exercices de mathématique.
Plus je lisais, moins je comprenais !
parfois, des mots simples perdaient même leur sens premier.
Les lettres les unes derrières les autres n’avaient aucun sens.

Notre cerveau va donc tenter de trouver des parades pour éviter la faute.


En quelques secondes, la tournure de phrase, le vocabulaire utilisé, la syntaxe de la phrase seront « adaptés » … pour répondre à notre volonté de nous exprimer sans reproduire le score de 0 sur 20.

Depuis tout petit donc, mon cerveau travaille dans ce sens. S’adapter en permanence pour produire un équivalent de notre pensée avec des phrases contrôlées et rassurantes.
Le gros avantage de ce handicap est que cette gymnastique a rendu notre cerveau plus adaptable aux problématiques.
Les neurones diffusent du coup plus rapidement l’information dans toutes les cases à la recherche de la solution.
De fil en aiguilles et d’années en années, les solutions apparaissent partout. Dans mon travail au quotidien c’est une évidence. Les obstacles ne durent que quelques secondes et les solutions fleurissent et se multiplient au grès des chantiers qui se présentent.
Puisque mon cerveau ne passe son temps qu’à associer les mots…. il en fait désormais de même avec l’espace et les problématiques.
Ici, une pièce trop petite, là un plafond trop bas…. et hop 2 ou 3 solutions voient le jour.

Les aptitudes 3D d'un dyslexique.


La solution est quelque part dans ma matière grise, en un seul morceau, ou en plusieurs morceaux que je vais recoller, et adapter.


En fait, mon cerveau voit en 3D les solutions et me les propose au fur et à mesure.
Alors oui… je fais des fautes d’orthographe…mais tout comme un aveugle entend plus finement son environnement, je suis plus adapté que grand nombre d’entre vous pour résoudre des problématiques d’architecture.
Alors si vous vous offusquez des fautes d’orthographe que vous trouverez sur mon site, il y a deux solutions. Ou vous vous sentez incapables de surmonter mon handicap, ou vous vous dites que vous avez à faire à une personne différente, qui a des capacités plus importante dans le domaine pour lequel vous le sollicitez !

La dyslexie et l’architecture
Si désormais une faute d’orthographe faite par un dyslexique n’est plus une tare inadmissible et que votre cerveau est suffisamment adaptable pour supporter mon handicap …Tentez moi !

Le travail d'un dyslexique.
Une Cabane à 3 niveaux, mobile dans l’espace, avec coffre de rangement, escalier intérieur et toboggan.

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